Inégaliés des chances en santé

Le rôle de la responsabilité individuelle dans les différences de santé observées entre les individus est examiné, avec une prise en compte des corrélations possibles entre  effort et circonstances.

En effet, selon la philosophie de la responsabilité, des politiques volontaristes de réduction des inégalités ne sont pertinentes que si elles visent à corriger des situations dont les individus ne sont pas responsables. Dans cette perspective, des différences d’état de santé découlant de comportements à risque comme le tabagisme ou une alimentation trop grasse ne doivent pas être corrigées, car elles résultent des choix des individus. En revanche, les inégalités attribuables aux circonstances, comme le milieu social d’origine ou l’hygiène de vie des parents, sont reconnues comme des inégalités des chances injustes qui doivent être réduites par l’intervention publique. Ces principes permettent de délimiter le champ d’intervention légitime de la politique publique en matière de réduction des inégalités. Pour les appliquer, il est nécessaire d’évaluer le rôle de la responsabilité individuelle dans les différences de santé observées entre les individus.  A ce stade une difficulté surgit du fait que les comportements à risque des individus ne sont pas indépendants des circonstances qu’ils ont connues : il y a une corrélation entre « effort » et « circonstances ».

On observe par exemple que les enfants de fumeurs sont plus fréquemment fumeurs que les autres individus. Comment tenir compte de cette corrélation dans la délimitation des sphères de la responsabilité individuelle et de l’intervention publique ? Doit-on tenir les fumeurs issus de parents fumeurs pour responsables de leur comportement et de leur état de santé dans les mêmes proportions que les fumeurs issus de parents non fumeurs ?

Par ailleurs, un nouveau projet s’intéresse à l'analyse économique de la demande de santé qui a notamment souligné le rôle des prix, de l'éducation, des préférences vis-à-vis du temps et du risque, du coût du temps ou encore des pertes de revenu anticipées. Ce projet analyse la manière dont les préférences vis-à-vis du temps et du risque peuvent moduler les effets de l'éducation et des prix.

Cet axe de recherche comprend également un projet sur l’accès aux soins des populations rurales en Chine.

Chercheurs impliqués : Luc Arrondel (EEP), Damien Bricard (PSL, Université Paris-Dauphine), Fabrice Etilé, (INRA), Florence Jusot (Université de Rouen), André Masson (EEP), Sandy Tubeuf (Université de Leeds) et Alain Trannoy (AMSE)

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Chef de projet
Victoria Verdy

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